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Pourquoi et comment les fleurs sentent-elles bon?

 

Toutes les fleurs ne sentent pas. Celles qui dégagent des parfums sont aussi souvent celles qui sont les plus belles, les plus colorées et les plus voyantes. En général, les deux vont de pair ! La raison est simple : ces fleurs attirent un pollinisateur animal pour échanger leur pollen entre elles. C’est donc le plus souvent le mode de  pollinisation qui explique le « pourquoi » les fleurs sentent bon.

 

- L’animal pollinisateur sensible aux parfums est en général un insecte butineur : on remarque que des fleurs pollinisées par des oiseaux (comme des fleurs tropicales, pollinisées par des colibris) ne sentent pas. Les oiseaux sont en effet dépourvus d’odorat ! De même, les fleurs qui sont pollinisées par le vent ne sentent rien.

Salvia pratensis

 

Les parfums attirent l’insecte jusqu’à la fleur. L’insecte est aussi guidé par la forme de la fleur, et par des tâches de couleur qui, comme des flèches, le conduisent jusqu’au cœur de la fleur. L’insecte attiré par la fleur parfumée est récompensé : il trouve dans ces fleurs odorantes un liquide très sucré dont il raffole : le nectar. Pour l’insecte, l’apprentissage est rapide ! Il semble que pour lui « parfums = nectar ».

 

- Les parfums sont fabriqués par les pétales des fleurs, au niveau de petites glandes appelées osmophores. Ces glandes sont très superficielles (elles se trouvent à la surface des pétales). Elles fabriquent et sécrètent dans l’air des molécules volatiles. Elle n’en fabrique pas une, pas quelques une mais jusqu’à 200 et plus différentes ! Il est très difficile de reproduire artificiellement la fragrance d’une espèce (la « signature parfumée »), comme il est aussi très difficile d’en extraire le cocktail complet !

 

- les parfums dégagés par les fleurs ne sont pas toujours agréables à nos narines. Certaines pour attirer leur insecte abonné, des mouches, dégagent plutôt des odeurs de cadavre et de viande avariée. Les mouches sont alors attirées dans ces fleurs pour y trouver des lieux de ponte. En visitant la fleurArum maculatum malodorante, elles participent au transport de son pollen.

 

On peut citer chez nous dans nos sous-bois le cas du pied-de-veau, le gouet (Arum maculatum, Aracée) qui dégagent des parfums putrides lorsque leurs fleurs sont écloses. Pour émettre ces molécules (des amines aux noms évocateurs : putrescine, cadavérine, spermine, spermidine…), la fleur a besoin de les chauffer pour les rendre volatiles : on a pu enregistrer des élévations de température phénoménales dans les fleurs d’Arum au moment de leur maturité, avec des écarts de « +15°C » pour atteindre 30 à 35°C ! Et cette augmentation de la température de la fleur est commandée par une substance proche de l’aspirine ! Quand les fleurs ont mal à la tête, la fièvre monte !

 

La chimie des parfums est ainsi un langage très développé chez les plantes. Cette chimie leur permet de pallier leur immobilité : elle constitue un moyen de communication très poussé et très spécifique. Les plantes parlent et communiquent par leurs odeurs !