Le blog des quatre saisons

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La botanique amusante

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  • Catherine Lenne
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  • Enseignant-chercheur en Bio Végétale, photographe et conférencière grand public. J'expose mes photos, donne des conférences, participe à l'émission Les Petits Bateaux sur France Inter

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Pollen et nectar, deux bonnes raisons de fréquenter les fleurs

butineuseQui n’a jamais observé, en ces temps de floraison de la nature, que les fleurs épanouies sont le siège de nombreuses visites d’insectes ? Papillons et abeilles, syrphes et coléoptères, un grand nombre d’espèces d’insectes fréquentent les fleurs, et ce depuis plus de 80 millions d’années ! En se posant sur la fleur, l’insecte frôle les étamines productrices de pollen et s’en enduit. Voletant jusqu’à une autre fleur, il véhicule à son insu le pollen et le livre à bon port sur le pistil de la fleur. Le pollen contenant les cellules sexuelles mâles de la fleur et le pistil renfermant dans ses ovules les cellules sexuelles femelles, le transport du pollen par l’insecte permet le rapprochement et la fusion des cellules sexuelles, pour donner naissance dans le pistil aux graines contenant les jeunes plantules. L’insecte participe ainsi à la fécondation de la fleur, à la reproduction de la plante. Que cherche l’insecte dans la fleur ? Qui trouve-t--il ? On sait qu’il est attiré par les parfums produits par la fleur (pour mémoire, lire la page « Pourquoi et comment les fleurs sentent-elles bons ? »). Cependant l’insecte butineur n’a pas conscience qu’il participe à la fécondation de la plante, en transportant son pollen. Il n’est animé que dans un seul but : celui de perpétuer son espèce. S’il fréquente les fleurs, c’est pour y trouver sa propre nourriture (exemple des papillons) ou celle de ses petits (exemple des abeilles).

 

Petite tortue 2Ainsi, l’abeille butineuse récolte le pollen des fleurs visitées car il est surtout riche en protéines, matériau indispensable à la croissance des larves de la ruche. Le pollen recueilli par l’abeille est soit directement consommé par ses mandibules (l’abeille « broute » littéralement les étamines), soit « mis en boule » pour être plus facilement transporté au niveau de ses pattes. Ce pollen est perdu pour la fleur et pour la reproduction de la plante. Mais la production de pollen est considérable et il y aura toujours quelques grains qui échappent aux mandibules de l’abeille ou à ses pattes, grains prisonniers dans les poils du corps de l’abeille et déposés inconsciemment sur le pistil de la fleur suivante. Le papillon plus « égocentrique » consomme pour lui-même le nectar, jus sucré produit par les fleurs et essentiellement riche en sucres rapides. Il constitue pour l’insecte pourvu d’une musculature exigeante en énergie (celle qui permet aux ailes de battre) un carburant de première qualité. Par contre, ce liquide représente pour la fleur une vraie débauche d’énergie : la fabrication de sucres coûte cher ! Et finalement, ce liquide ne sert pas directement à la fleur, c’est un investissement pour l’avenir, un moyen de fidéliser le visiteur par une récompense, une sorte de salaire pour service rendu ! Ce nectar incitera l’insecte à revenir plus tard et à privilégier la plante si la recette était à la hauteur. On constate d’ailleurs que toutes les espèces végétales ne produisent pas le même nectar, tous les bars ne servent pas la même cervoise ! 

 

Morosphinx 6La forme de la fleur participe à la bonne coopération entre l’insecte et la fleur. Pour se procurer le jus sucré, les papillons utilisent une trompe extrêmement longue et souple dans laquelle coulisse leur langue. Ces insectes suceurs visitent des fleurs dont les pétales sont soudés pour former un tube au fond duquel baigne le nectar. Ils enfoncent prestement leur trompe jusqu’au fond de la corolle, avec une rapidité et une précision diabolique comme c'est le cas ici du morosphinx au vol stationnaire, ressemblant curieusement à un colibri. Parfois même, les fleurs sont pourvues d’un éperon, prolongement des pétales servant de cubitainer à nectar :  on a d'ailluers vu  (Une affiche alléchante)  certaines orchidées « tricher » en arborant un éperon « leurre », vide de nectar mais attirant quand même les pollinisateurs !

 

Doronic d'autriche 4Les butineuses de type « broyeuses » de pollen sont plus à l’aise sur des fleurs dont les étamines sont accessibles facilement. Ces insectes plus lourds et plus « patauds » apprécient les fleurs aux aires d’atterrissage aménagées : le capitule des Astéracées comme ici le doronic d’Autriche, est un cas d’école !

 

 

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