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Les compagnes des moissons

messicolesRien n'est plus attachant qu'un champ de blé piqueté de coquelicots et de bleuets... Et pourtant la chose devient rare et d'autant plus spectaculaire !

On appelle messicoles ou encore adventices des cultures, ces plantes qui accompagnent les moissons. Cette flore longtemps considérée comme indésirable et combattue à grands renforts d'herbicides est maintenant un véritable patrimoine floristique. Il faut les chercher en bordures de champs, là où les herbicides sont moins déversés, ou pister les champs de céréales Bio, dans lesquels l'usage des herbicides est limité voire proscrit.

coquelicotLa plupart de ces plantes sont des plantes au cycle annuel, des thérophytes (littéralement "plantes de l'été") dont le cycle court (1 à 4 mois) permet la fabrication rapide d'un grand nombre de graines : avant que le champ ne soit moissonné, les graines sont déjà tombées au sol et germeront au printemps suivant, en même temps que le blé lèvera.

Le coquelicot est un champion dans la production massive de minuscules graines. De plus, ses graines apprécient particulièrement les sols remués. Chaque labour du champ est ainsi pain béni pour cette belle messicole (voir aussi la page "Pourquoi les coquelicots poussent souvent au bord de la routes ?").

Bleuets et coquelicots sont emblématiques de cette flore compagne des moissons.bleuets 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Legousia speculum-veneris 2Ce ne sont toutefois pas les seules espèces messicoles, loin de là ! D'autres plus discrètes, moins connues, sont à rechercher dans le voisinage des deux premières. On cherchera ainsi le beau miroir-de-Vénus (Legousia speculum-veneris, Campanulacées), dont les petites fleurs de 1 cm environ, s'étalent comme de petites roues violettes (voir ci-contre). Cette plante est assez basse, écartez un peu les épis de blé pour la trouver !

Nielle des blés 2Encore plus rare et inscrite sur le liste rouge des plantes protégées tant elle est devenue difficile à débusquer, la nielle des blés (Agrostemma githago, Caryophyllacées). Elle est splendide et délicatement velue... mais sa beauté est celle du diable ! Elle a effectivement été quasi éradiquée à cause de la haute toxicité de ses graines qui ont pu provoquer des troubles lorsqu'elles étaient mélangées aux céréales. Pour la trouver, cherchez des champs de blé abandonnés ou encore un tuyau ... on la trouve sauvegardée et en abondance au jardin des plantes à Paris, dans le "jardin écologique", non ouvert au public mais en libre accès aux oiseaux!Nielle des blés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adonis

Enfin, et parce qu'on ne peut tout montrer en une seule page, nous terminerons par le splendide Adonis (Adonis aestivalis, Renonculacées), aux petites fleurs rouge vif. Beau comme son nom l'indique, il est aussi maintenant très rare, à rechercher sur sol plutôt marno-calcaire.