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Comment les arbres poussent-ils droit ?

Gravitropisme 2Un arbre pousse en général debout, droit dans ses bottes et sur ses racines, son tronc s’élève vers le ciel même s’il pousse dans une forte pente, en montagne ou sur un talus. Chez les jeunes sujets poussant sur une inclinaison, le tronc est courbé à la base mais très vite se redresse à la verticale.

Gravitrospisme 1

C’est donc qu’un arbre en croissance « repère » la verticale. Il est capable de percevoir le champ de gravité terrestre (comme nous, via notre oreille interne !). Il répond à cette sensation, lentement mais sûrement, par une croissance adaptée de son tronc : il le redresse (comme nous, par l’action des muscles de nos jambes !). Pour l’arbre, on parle de gravitropisme négatif, un mouvement du tronc dû à la croissance (« tropisme ») en réponse à la gravité (« gravi »), « négatif » par opposition à celui des racines qui s’enfoncent dans le sol (gravitropisme positif).

 

Gravitropisme 3Comment le tronc se redresse-t-il ? Quel est le moteur du redressement ? Dans les troncs ou les branches inclinés, le bois qui se dépose est plus dense et souvent excentré sur la face supérieure de l’axe incliné (Œ). Ce bois, appelé bois de réaction, se rétracte fortement en vieillissant et exerce une tension très forte sur le dessus du tronc incliné, ce qui a tendance à « tirer » le tronc vers le haut, comme le feraient des haubans fixés à un mât de cocagne en cours d’élévation… Le tronc se courbe comme un arc, c’est la courbure gravitropique Le dépôt et la maturation du bois de réaction constituent donc le moteur du redressement de l’axe incliné.

 

Gravitropisme 4Ce n’est pas tout ! Alors que le tronc commence à se redresser, une deuxième courbure prend naissance au sommet du tronc et se propage vers sa base, grâce à la mise en place de bois de tension, mais cette fois sur la face opposée au premier (). Cette deuxième courbure inverse de la première est une décourbure qui, de l’apex vers la base, tend à redresser tout le tronc à la verticale. La décourbure commence alors même que l’apex n’est pas encore arrivé à la verticale, dans une sorte d’anticipation de l’axe, réaction liée non à la perception de la verticale mais à l’autoperception qu’a l’arbre de la forme arquée de son tronc. L’arbre « se ressent lui-même », il corrige sa posture et adapte sa corpulence ! C’est la décourbure autotropique. 

Au bilan, l’arbre se contorsionne lentement en se courbant par la base et en se décourbant par le haut, tel un taï-chï à la recherche de son équilibre !

Pour en savoir plus :

« Les arbres possèdent un vrai sens de l’équilibre ». Sciences et Vie, Juin 2007, n°1077, pp82-86.