Mardi 29 mai 2012
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Le Koicédon de mercredi dernier se révèle ... Deux
étamines courbes, ancrées sur un bout de pétale violet...
Changement d'échelle : le Koicédon vient d'une fleur de ...
... sauge (Salvia pratensis, Lamiacées) ! La
sauge est une Lamiacée à deux étamines seulement (ses cousines de la même famille en ont toutes quatre). De plus les deux étamines sont très spéciales ...
Une étamine normalement, comme chez le lis, c'est
une "masse" allongée, l'anthère, portée par un filet très mince (son "pied"). L'anthère fabrique le pollen dans ses deux moitiés (les deux loges
polliniques), chaque loge étant creusée de 2 sacs polliniques où se fabriquent les grains de pollen. En tout, 4 sacs, rassemblés en 2 loges polliniques. Les deux loges sont raccordées
l'une à l'autre pour former l'anthère par un petit bout de tissu très étroit appelé connectif (visible ici sur l'étamine de lis comme étant la zone foncée entre les anthères de
couleur orange). Ce connectif est donc à peine visible, un simple "raccord" entre les deux loges.
Chez la sauge, rien de tout
cela... ou plutôt si, mais très déformé ! Le filet de l'étamine de sauge est très court (flèche rouge) et s'accroche au pétale du bas de la fleur (voilà pourquoi quand on veut arracher les deux
étamines, on arrache en même temps le pétale du bas). Le filet s'accroche au connectif (flèche verte) qui lui est très long, courbe et éloigne l'une de l'autre les deux loges polliniques
de l'anthère (flèches bleues) ! L'étamine est ainsi transformée en une sorte de balancier, autour de l'axe formé par le filet. Les deux plateaux de la balance sont
la loge fertile qui fabrique du pollen (vers le haut de la fleur) et la loge du bas, cachée dans les replis du pétale violet : celle-ci est stérile, elle ne fabrique pas de pollen ; elle est
plate et sert de pédale à l'insecte qui se pose sur la fleur.
L'abeille se pose sur le pétale du bas de la sauge, qui
forme une piste d'atterrissage idéale. Elle enfonce sa tête et son thorax dans la fleur. Les loges polliniques stériles des deux étamines, les "pédales", sont proches de la tête
de l'insecte, qui en s'engouffrant dans la fleur pour atteindre le nectar au fond de la corolle, appuie dessus. En actionnant la pédale, la loge fertile s'abat sur le dos de l'abeille, le
badigeonnant de pollen. Dans une fleur voisine, l'abeille chargée de pollen refait les mêmes gestes et cette fois, si la deuxième fleur est un peu avancée en âge que la première, les étamines
sont fanées et le pistil pendant (le pistil, c'est la petite "langue de vipère" qui émerge de la corolle). Son extrémité (le stigmate) frotte alors le dos de l'abeille et récolte le pollen
déposé. La pollinisation est faite, grâce à une balançoire à abeille !